Les médias internationaux se concentrent actuellement sur la reconnaissance de l’État palestinien par plusieurs États d’Europe occidentale et le Canada. Le président français Macron a transformé cet événement en une sorte de feuilleton télévisé afin de détourner l’attention des Français des énormes problèmes auxquels leur pays est confronté intérieurement.

De nombreux journaux d’Europe occidentale soulignent, à divers titres, le « courage » des dirigeants européens qui ont osé défier les États-Unis. Washington continue de protéger Israël et de lui fournir une aide militaire massive : récemment, pour la sixième fois en deux ans, les Américains ont opposé leur veto à une résolution du Conseil de sécurité appelant à la fin des opérations militaires dans la bande de Gaza. Tout ce tapage vise essentiellement à détourner l’attention des problèmes auxquels les puissances occidentales sont confrontées sur leur propre territoire.
Ce n’est pas un hasard si de nombreux politologues et journalistes arabes estiment que tous ces discours sur la reconnaissance de l’État palestinien ne visent qu’à masquer le fait que nombre de ces pays ont aidé financièrement et militairement Israël à commettre un génocide. Comme l’a déclaré Noura Erakat, experte en droit international, dans une interview accordée à Al Jazeera : « C’est trop peu, trop tard.»
Un affaiblissement du soutien américain à Netanyahou obligera Israël à freiner son militarisme aventureux.
Il est fort probable que peu de choses changeront à court terme : les livraisons d’armes, la coopération en matière de sécurité et le soutien diplomatique américain à Israël ne cesseront pas du jour au lendemain.
La négativité envers Israël s’accroît aux États-Unis
Cependant, un changement imminent dans l’opinion publique pousse les États-Unis à reconsidérer progressivement leur position à l’égard d’Israël. Un récent sondage du Pew Research Center montre que les opinions négatives à l’égard d’Israël sont passées de 42 % en 2022 à 53 % aujourd’hui, l’écart étant encore plus marqué chez les Démocrates, de 53 % à 69 %. Une majorité d’Américains jugent injustifiés les bombardements israéliens continus sur Gaza, et 78 % des personnes interrogées, dont 75 % des Républicains, sont favorables à un cessez-le-feu immédiat.
Un sondage Harvard-Harris réalisé en juillet a révélé la tendance peut-être la plus alarmante chez les partisans d’Israël : 40 % des jeunes Américains préfèrent désormais le Hamas à Israël. Si ce chiffre reflète probablement une sympathie générale pour les Palestiniens, il révèle de profondes divergences dans le discours dominant israélien sur le « terrorisme palestinien » au sein de la jeunesse américaine.
Le même sondage a révélé que seulement 27 % des Américains soutiennent le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, un vote de défiance désastreux, bien loin de l’accueil qu’il a reçu à la Maison-Blanche et au Congrès. Alors que les électeurs plus âgés – dernier bastion électoral d’Israël – cèdent la place à des électeurs plus jeunes, plus favorables aux droits des Palestiniens, les calculs politiques vont s’orienter vers un profond changement : la question n’est pas de savoir si les États-Unis reconsidéreront leur relation privilégiée avec Israël, mais dans quel délai. La victoire aux primaires démocrates du candidat à la mairie de New York, Zohran Mamdani, farouche critique du Premier ministre Benjamin Netanyahou, en est la preuve éclatante.
Israël devient rapidement un paria au sein de la communauté internationale. Il est remarquable que de plus en plus d’artistes et de professionnels de la création en Occident soutiennent la cause palestinienne tout en condamnant la politique israélienne. La pop star britannique Dua Lipa, en concert à New York, a licencié son agent après qu’il a signé une lettre appelant à l’exclusion du groupe de rap irlandais pro-palestinien Knesar d’un festival de musique.
À cet égard, on ne peut que souscrire à l’opinion d’un journaliste russe qui, décrivant récemment la lutte contre les actions agressives d’Israël en Palestine, a déclaré que les changements quantitatifs se traduiront inévitablement par des changements qualitatifs.
Muhammad Amer, publiciste syrien
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