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Donald Trump corrige Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui capitulent »

Lama El Horr, 20 septembre 2025

Le supplice que Washington et ses satellites infligent aux peuples du monde est si outrancier qu’il révèle le désarroi du bloc suprémaciste, qui semble jouer son ultime partition : La réanimation d’un Empire à l’état d’épave.

Donald Trump corrige Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui capitulent »

Ce livret de la restauration de l’hégémonie déchue consiste à « négocier » avec Pékin, à travers un moyen de coercition cher à Washington : le chantage. Cela, en orchestrant, directement ou par proxys, un terrorisme d’Etat d’une sauvagerie débridée, dans tous les coins du monde où la suprématie de l’oligarchie euro-atlantique est menacée. Autant dire aux quatre coins du monde.

Les cérémonies funéraires qui s’ensuivent, qui sont également orchestrées par l’Axe de l’Hégémon Déchu, visent à imposer comme une réalité irréversible les pertes de territoire, de droits fondamentaux et de puissance que ces destructions et tueries sont censées faire subir aux BRICS, au Sud global et, bien sûr, à la Chine.

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À observer l’embrasement des conflits tout autour de la Chine, il ne fait aucun doute que Washington a élevé son niveau d’agressivité d’un cran. La nature des crises qui encerclent le territoire chinois indique que l’administration américaine est passée d’un chantage « courtois » à un chantage « martial ».

À l’évidence, le bloc impérialiste traverse une phase de mégalomanie si aiguë qu’il est dans l’incapacité de prendre des décisions rationnelles

Le chantage « courtois » est un outil de coercition traditionnel de Washington. Il peut ressembler à ceci : « La Chine pourra renforcer sa coopération avec l’Union européenne si elle renonce à acheter l’énergie russe », et vise, en l’occurrence, à faire d’une pierre deux coups, c’est-à-dire, à soumettre à la fois Pékin et Moscou.

Mais ce type de chantage se manifeste aussi de manière plus ambiguë : c’est le cas de l’annonce par Trump d’un accord avec l’Arménie, laquelle aurait cédé à Washington le développement et la gestion du couloir de Zangezur pour une durée de 99 ans. Il va de soi qu’un tel accord, s’il se confirme, ne peut que susciter la crainte de Pékin et Moscou, et le rejet catégorique de Téhéran, puisqu’il laisse planer la menace d’une présence américaine dans le Caucase du Sud. Certes, il peut s’agir d’un avertissement adressé à Pékin et Moscou quant à leur collaboration sécuritaire avec l’Iran : « Si vous renforcez les capacités de défense de Téhéran face à Israël, on déploiera des troupes entre l’Arménie et l’Iran ». Mais il se peut aussi que Washington ait établi un parallèle avec l’Amérique du Sud : « Si la Chine poursuit le projet du corridor ferroviaire bio-océanique, censé relier le Brésil au port de Chancay via la Bolivie, il y aura une présence de l’OTAN aux frontières nord-ouest de l’Iran » – avec toutes les retombées sécuritaires qu’un tel déploiement impliquerait pour l’Iran, pour le corridor Nord-Sud et pour le réseau BRI en Asie centrale.

Lorsque ce chantage « poli » ne permet pas d’atteindre l’objectif fixé, Washington change de mode opératoire. Tout récemment, par exemple, Trump a demandé à ses satellites de sous-traiter les pressions contre Pékin : « Le bloc G7/OTAN/UE doit imposer des sanctions à la Chine et à l’Inde, afin de les obliger à tourner le dos à la Russie ».

Mais le mode opératoire américain peut consister aussi à recourir au chantage « martial ». Ce type de chantage est plus complexe que le précédent. S’il relève aussi d’une méthode de coercition, il s’appuie en revanche sur la force brute, et il n’est pas toujours aisé d’en discerner les acteurs, ni leur véritable niveau d’implication.

Tout à coup se produit une succession d’événements violents, dans des zones plus ou moins stratégiques, qui paraissent rebattre les cartes de l’échiquier géopolitique régional. C’est le cas des innombrables assauts militaires en Asie de l’Ouest – Palestine, Liban, Syrie, Yémen, Iran, Qatar. C’est également le cas, en Asie du Sud et du Sud-Est, du conflit Inde/Pakistan ou Cambodge/Thaïlande ; de la déclaration de la loi martiale par l’ex-président Yoon en Corée du Sud ; des révolutions de couleur au Sri Lanka, au Bangladesh et au Népal ; des émeutes sporadiques en Mongolie ; de la guerre d’attrition au Myanmar ; ou encore de l’insurrection en Indonésie, membre des BRICS, à la veille du sommet de Tianjin.

À partir de ces convulsions, où l’implication de Washington via des relais régionaux et locaux a été largement démontrée (cf. les travaux de Brian Berletic), apparaissent les arrière-pensées de Washington. Bien que les termes de ce chantage « martial » ne soient jamais totalement avoués, il est aisé d’en deviner la teneur :

  • Si vous ostracisez le dollar dans vos échanges avec les BRICS et l’Afrique, on portera atteinte aux infrastructures de la BRI tout autour de vos frontières ;
  • Donnez-nous des parts dans vos entreprises stratégiques, ou nous allons intensifier la guerre commerciale contre la technologie et l’industrie maritime chinoises ;
  • Nous exigeons la part du lion dans la Nouvelle route de la soie polaire, ou à défaut, nous formerons une alliance militaire avec le Somaliland et Taiwan ;
  • Eloignez-vous de l’Amérique du Sud et du Vénézuéla, ou nous provoquerons à vos frontières des « incidents » comme au Qatar et en Pologne, pour renforcer les défenses des pays qui hébergent nos bases militaires.

Et ainsi de suite. Ces chantages musclés – en l’occurrence, des fictions, même s’ils s’inspirent de la réalité – reposent sur des objectifs si extrêmes qu’ils sont totalement hors de portée. Ils s’apparentent par conséquent à des menaces farfelues. Or, l’Axe de l’Hégémon Déchu continue de recourir à ces méthodes d’intimidation : sans doute, parce qu’elles lui fournissent un excellent prétexte de poursuivre son véritable objectif, qui est d’intensifier les hostilités contre la Chine.

L’objectif, en effet, n’est pas la résolution des crises, mais leur intensification, le bloc atlantique étant convaincu que la dissémination du chaos est le seul moyen à sa portée pour restaurer sa suprématie. D’ailleurs, les États-Unis sont d’autant moins enclins à renoncer à l’asservissement par la guerre, ou la « Paix par la force », qu’ils font la démonstration quotidienne, à travers leur clone israélien, de leur véritable ambition : annihiler toute velléité de diplomatie – quitte à bombarder le lieu où doivent se tenir les négociations.

Pour Washington, le deuil doit précéder la mort

Au milieu de ces hostilités, il convient de ne pas perdre de vue le but ultime de l’Empire aux abois : opérer un glissement vers le fait accompli, en décrétant la mort des luttes qui sont toujours en cours. L’objectif consiste donc à pousser la Chine – et, avec elle, le reste du monde – à confondre les destructions et tueries causées par la sauvagerie atlantiste avec la défaite.

À l’évidence, le bloc impérialiste traverse une phase de mégalomanie si aiguë qu’il est dans l’incapacité de prendre des décisions rationnelles. Le moindre signe de vie de ses adversaires géopolitiques est perçu comme une menace existentielle. Il suffit de regarder les innommables abominations qui tourmentent le peuple palestinien, et qui nous tourmentent tous, pour se rendre compte à quel point il est préoccupant de laisser le sort de l’humanité aux mains avides de crimes de l’Axe de l’Hégémon Déchu.

Dans ces conditions, il appartient à la Chine, aux BRICS et au Sud global de restaurer ce qui peut l’être de la dignité humaine, puisque « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ».

 

Lama El Horr, PhD, analyste géopolitique, est rédactrice en chef fondatrice de China Beyond the Wall

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